Béatrice Caretti
Reiki Paris

Parlons chimie : Bisphénol A.

Ce produit de synthèse présent dans de nombreux objets du quotidien (voir plus bas) fait l’objet de nombreuses polémiques. Longtemps ignorés, les effets du BPA sur la santé ne peuvent plus être niés. Certains pays ont même interdit son utilisation dans les contenants alimentaires, notamment les biberons. En effet, cette molécule fait partie des perturbateurs endocriniens et agit sur l’organisme comme une hormone.

Ainsi, son effet est transgénérationnel : les perturbations endocriniennes de la mère induisent des malformations chez son enfant en particulier les filles. On observe notamment des glandes mammaires anormales, le développement de cancer du sein, la ménopause précoce et des troubles de la reproduction. D’autres études mettent en évidence un lien avec le diabète de type II (non insulinodépendant) et l’obésité,

Chez les animaux, les conséquences biologiques mises au jour par la majorité des études financées sur fonds publics balaient un large spectre : altération du système reproducteur des rongeurs et des glandes mammaires des femelles, neurotoxicité, perturbations du système immunitaire, changement du comportement socio-sexuel des animaux, puberté avancée chez les femelles, etc. De nombreux effets surviennent après exposition foetale ou néonatale, se manifestent et perdurent pendant le reste de la vie des animaux.

Comment savoir s’il y a du bisphénol A dans un produit?

«C’est très difficile en l’absence de mention sur l’étiquetage», souligne l’Anses.

Toutefois, au dos des boîtes de conserve, il peut y avoir des chiffres inscrits au cœur du pictogramme indiquant que le produit est recyclable. Les chiffres de 1 à 6 permettent de savoir que le matériau n’est pas du polycarbonate. En revanche, si un 7 est inscrit, cela signifie que l’emballage peut être composé de polycarbonate et donc de bisphénol.

Il est par ailleurs très difficile de reconnaître une boîte de conserve qui contient du bisphénol A. Selon l’Anses, les canettes de boisson n’en ont «a priori» pas. En revanche, il y en a plus vraisemblablement dans les boîtes de conserve cylindriques classiques «surtout si elles doivent contenir des produits acides». Alors, que penser des canettes destinées à contenir des produits acides? Et si les pots de verre sont épargnés, on peut en revanche en trouver dans les vernis présents à l’intérieur des couvercles.

La liste des produits susceptibles d’en contenir ne se limite pas aux emballages alimentaires : on peut en retrouver dans lunettes et lentilles de contact, CD et DVD, câbles, mastics, adhésifs, électroménager, optiques de phare et pare-chocs, articles de sport, appareils médicaux, revêtements de sol, vernis et peintures, bateaux de plaisance, encres d’imprimerie, etc.

Tant que la législation ne sera pas claire sur le sujet, nous ne pourrons facilement éviter le contact avec le BPA. En France, le BPA est interdit dans les contenants alimentaires destinés aux 0-3 ans depuis le 1er janvier 2013, les autres contenants alimentaires seront concernés au 1er janvier 2015. D’ici là, pistez le chiffre 7 sur les emballages !